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  • Elections américaines : une transition « à l’africaine »

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    (Agence Ecofin) – Une « bataille pour l’âme de la nation » américaine. Aux Etats-Unis, du côté démocrate comme républicain, cette expression semble la mieux partagée pour désigner l’importance du scrutin du 03 novembre 2020, qui doit déterminer celui qui siégera dans le fameux bureau ovale.

    Cependant, si la « première démocratie du monde » a souvent donné l’exemple en matière d’élections, surtout présidentielles, le moins qu’on puisse dire est que le scrutin de cette année a eu une tout autre saveur. D’une campagne électorale indigente aux vociférations de Donald Trump qui s’accroche au pouvoir comme une moule à son rocher, en passant par des débats infantiles entre les deux candidats, la présidentielle américaine de 2020 semble bien partie pour altérer durablement l’image de ce grand pays.

    La « guerre des vieux »

    160 millions d’électeurs. C’est le nombre d’Américains qui ont voté pour l’élection présidentielle de cette année. Soit une participation estimée à 66,9 % contre 59,2 % en 2016, selon le US Elections Project. Jamais autant d’Américains n’avaient participé à une élection présidentielle dans le pays depuis 1920. C’est encore plus que le taux de participation de l’année 2008 qui a enregistré l’élection du premier président noir des Etats-Unis, Barack Obama. De plus, on estime que 100 millions d’Américains ont voté par anticipation, fait inédit dans l’histoire du pays.

    A la vue de ces statistiques, il semble donc que cette élection présidentielle soit celle de tous les records dans le pays de l’Oncle Sam. Mais si ces chiffres peuvent être perçus comme « positifs », d’autres faits marquants montrent clairement que le scrutin de cette année entrera dans l’histoire pour de nombreux points négatifs qui ont montré au monde une face inquiétante de la démocratie américaine.

    1 PRESIDENT

    Le 46e président élu des Etats-Unis sera le plus vieux président de l’histoire des Etats-Unis.

    D’abord, ce scrutin est probablement l’un de ceux qui ont le plus souligné le contraste entre la relative jeunesse d’une population avide de changement (l’âge médian est de 38 aux USA) et la vieillesse de ses élites.

    Agés respectivement de 74 et 78 ans, le président déchu Donald Trump et son adversaire Joe Biden ont apporté la preuve que l’âge avancé des hommes de pouvoir n’est pas une exclusivité africaine. Si les résultats se confirment (une fois la question des recours de Donald Trump réglée), Joe Biden qui a été annoncé 46e président élu des Etats-Unis sera le plus vieux président de l’histoire des Etats-Unis.

    Agés respectivement de 74 et 78 ans, le président déchu Donald Trump et son adversaire Joe Biden ont apporté la preuve que l’âge avancé des hommes de pouvoir n’est pas une exclusivité africaine.

    Et si pour certains irréductibles, il faut de l’expérience pour prétendre diriger un pays comme les USA, la « guerre des vieux », que les deux candidats ont exposé au monde entier pendant 18 mois de campagne, sonne comme un rappel du niveau de bassesse que peut atteindre une démocratie mûre, peut-être trop mûre…  

    On se souviendra encore longtemps du « shut up man ! » balancé par « Sleepy Joe » au « President Tweety » en plein débat présidentiel, devant des millions de téléspectateurs, à travers le monde. On n’oubliera certainement pas le spot publicitaire réalisé par l’équipe Trump, qui comparait Joe Biden à un zombie. Mais surtout, les Américains auront certainement du mal à s’expliquer eux-mêmes comment ces deux septuagénaires, impliqués l’un et l’autre dans des scandales politiques dignes du Monicagate ou du Watergate, sont devenus leurs seules options pour représenter une démocratie multiséculaire.

    Lire aussi : 25/10/2020 – S’il perd, Donald Trump devra faire face à la Justice

    Enfin, lorsqu’il qualifiait certains pays africains de « shithole countries » au début de son mandat, Donald Trump ne s’imaginait probablement pas qu’il se comporterait exactement selon le cliché politique souvent véhiculé sur les pays africains. Qui aurait en effet pu croire qu’un président américain en exercice marcherait dans les pas d’un Jean Ping ou d’un Maurice Kamto, en s’autoproclamant vainqueur de l’élection, avant même la fin du dépouillement ?

    Donald Trump ou la rhétorique de la division

    S’il y a une chose qui ne surprend plus, en tout cas, c’est bien le fait que l’actuel locataire de la Maison Blanche surprenne encore. S’il est bien connu qu’en démocratie, « l’obéissance aux lois qu’on s’est prescrites est liberté », Donald Trump lui ne semble obéir qu’à ses propres lois, que sert une rhétorique de la « division », dont il est quasiment devenu un chantre ces dernières années.

    2 DONALD

    Donald Trump a toujours utilisé la division pour fidéliser sa base.

    En août dernier, Andrew Cuomo, gouverneur de l’Etat de New York avait déclaré : « Donald Trump n’a pas créé la division initiale, mais la division [en Amérique] a créé Trump, il n’a fait qu’empirer les choses ». Il faut dire que dès 2016, le milliardaire a su exploiter les divisions qui se faisaient de plus en plus importantes au sein de la population américaine. 

    « Donald Trump n’a pas créé la division initiale, mais la division a créé Trump, il n’a fait qu’empirer les choses ».

    L’un des premiers sujets illustrant cette situation est celui du racisme, auquel a été bien trop souvent liée l’histoire des Etats-Unis d’Amérique. En plein mouvement « Black Lives Matter », le chef d’Etat américain n’avait pas hésité à prendre position contre les manifestants, alors qu’on attendait de lui une attitude plus rassembleuse. Qualifiant le mouvement de « symbole de haine », le dirigeant avait également refusé de condamner les violences policières ou même les violences de groupes d’extrêmes droites, considérés comme faisant partie du noyau dur de son électorat.

    Cependant, c’est surtout au cours de la campagne présidentielle que le chef d’Etat a le plus attisé les tensions entre les Américains. N’hésitant pas à qualifier les manifestants démocrates de « nouveaux fascistes d’extrême gauche », cherchant à « détruire les valeurs de la nation et de son histoire », le président américain s’est souvent contenté de radicaliser ses partisans au lieu d’essayer d’unir le pays. En plein débat présidentiel, alors qu’on lui demandait s’il condamnait les actions des « Proud Boys », un groupe néo-fasciste américain connu pour ses violences, le locataire de la Maison-Blanche leur a simplement demandé de se « tenir prêts ».

    Peu importe le sujet, Donald Trump a toujours utilisé la division pour fidéliser sa base. Ainsi, malgré les centaines de milliers de morts enregistrés par son pays, le président milliardaire a réussi à réduire le débat sur le coronavirus à une simple opposition entre pro-masques et les anti-masques.

    Ainsi, malgré les centaines de milliers de morts enregistrés par son pays, le président milliardaire a réussi à réduire le débat sur le coronavirus à une simple opposition entre pro-masques et les anti-masques.

    Sur la question de la réduction des inégalités, le dirigeant a également réussi à créer un affrontement entre ceux qu’il qualifie de « communistes », et ses partisans qui sont pour lui la « grande Amérique ».

    Cette rhétorique de la division a fini par creuser de profonds fossés dans un pays que certains n’hésitent plus à appeler les Etats désunis d’Amérique.

    Pour prendre le pouls cette société américaine bipolarisée, la firme Pew Research a demandé aux électeurs si l’identité du vainqueur d’une élection présidentielle « était vraiment importante ». En 2000, seule la moitié des Américains disaient s’en soucier, 44 % d’entre eux affirmaient même « que les choses seraient plus ou moins les mêmes, peu importe qui était élu ». Aujourd’hui, plus de 80 % des répondants accordent une grande importance au gagnant de l’élection, contre seulement 16 % qui semblent ne pas s’en soucier.

    En 2000, 44 % d’entre eux affirmaient même « que les choses seraient plus ou moins les mêmes, peu importe qui était élu ». Aujourd’hui, plus de 80 % des répondants accordent une grande importance au gagnant de l’élection.

    « Maintenant tu es soit républicain, soit démocrate. On ne s’entend pas, on ne s’entend plus », commentait un électeur américain au micro de la chaîne Radio-Canada.

    Où va l’Amérique ?

    Les Etats-Unis nous ont habitués ces quatre dernières années aux situations rocambolesques. Cependant, les derniers événements qui ont eu lieu, depuis le vote du mardi 03 novembre, ne semblent pas de nature à rassurer les observateurs internationaux, ni les Américains eux-mêmes.

    Les premiers points d’achoppement concernent déjà les votes par correspondance qui ont joué un rôle de « Game Changer » dans plusieurs Etats en étant massivement favorables au camp démocrate. Au cours de la campagne, Donald Trump avait déjà indiqué qu’il était contre ce système qui pourrait, selon lui, faciliter des fraudes. Ainsi, dès le lendemain du vote, le chef d’Etat, fidèle à lui-même, a dénoncé des « fraudes massives ».

    Donald Trump refuse toujours de reconnaître sa défaite, et il a lancé une armée d’avocats à l’assaut du système électoral américain pour contester la victoire de Joe Biden. Celle-ci reste à être confirmée par des résultats définitifs, mais déjà l’Etat de Géorgie a annoncé qu’un recomptage des voix aura lieu, comme le stipule la loi lorsque l’écart est inférieur à 0,5%.

    L’Allemagne a déclaré craindre une « situation explosive » alors que les réseaux sociaux Facebook et Twitter tentent de « contenir » les déclarations incendiaires du président américain et les fausses rumeurs, qui pourraient très vite échauffer les esprits.

    La cérémonie d’investiture du nouveau président n’aura lieu qu’en janvier, ce qui nous laisse largement le temps de suivre bon gré mal gré quelques nouveaux épisodes de cette mauvaise série.

    Car même si ses actions en justice échouent, il y a peu de chances de voir Donald Trump respecter la tradition américaine qui consiste à organiser une transition pacifique entre l’ancien et le nouveau président.

    En Afrique, cette situation a un air familier, au point même d’amuser de nombreux internautes.  Et même si les pays africains n’ont pas pu envoyer une mission d’observateurs dans le pays de l’Oncle Sam, sur le continent noir, on se plaît à se demander si après cette période électorale aux Etats-Unis, il sera encore pertinent de parler d’élections « à l’africaine ».

    Moutiou Adjibi Nourou  

    Moutiou Adjibi

    Lire aussi : 27/02/2020 – Donald Trump et l’Afrique : quatre années de perdues

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