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    By in Coronavirus L'invité de la radio share share share share share share share share share share share share share share share share share share

    Si la raison, en matière de Philosophie, veut que: « Dans le doute, abstient toi », en matière de médecine et plus encore de santé des populations cet adage est exactement l’antithèse de la conduite à tenir.

    En effet, dans le doute pour ces cas de figure, nous devons opter pour le pire des scénarios et nous préparer à y faire face. Ainsi, lorsque vous avez du sang dans les selles, on pense au cancer du côlon, jusqu’à la preuve du contraire. Cette attitude doit prévaloir dans le cas présent.

    LA CURIOSITÉ AFRICAINE EST-ELLE RÉELLE?

    Il semble qu’en Afrique l’évolution de la maladie conduise à des théories diverses sur la résistance africaine au COVID-19: cela du fait que:

    – Plus de 80% des cas sont des cas importés, par des non-résidents ou des voyageurs

    – Que les cas restent limités lorsqu’on compare les chiffres du continent à ceux des pays européens.

    De nombreuses théories sont alors évoquées

    – Naturelles comme la chaleur – Sanitaires comme la résistance au paludisme, en passant par, etc… etc…. Aucune étude n’a validé ces théories. Quant à l’efficacité de la chloroquine même il y a des constatations qui semblent favorables, des études plus complètes sont en cours pour valider ou infirmer cette option. Ce médicament n’étant pas anodin, il est risqué de se ruer dessus et en consommer comme préventif, car ses effets secondaires peuvent s’avérer graves. La prise doit se faire sur prescription médicale comme à l’habitude.

    Dans les faits, l’Afrique est-elle résistante ?

    Le COVID-19 se manifeste seulement depuis à peine 4 mois. Il n’existe pas d’études épidémiologiques scientifiques en mesure de préciser son déterministe et sa propagation. Seuls les Chinois ont des études valables (en nombre de cas). En Europe et aux États-Unis les études sont limitées, et servent de constats.

    Nous ne nous attarderons pas sur le nombre de cas positifs dans la mesure où le diagnostic n’est pas systématique dans la population. Seules les personnes présentant des signes sont diagnostiquées dans la majorité des cas. Intéressons-nous donc aux malades et aux décès dits liés au COVID-19. IL ressort que:

    – En termes de cas, il y a plus de cas parmi les 15 à 64 ans

    – Mais les personnes qui présenteront une maladie grave sont les seniors (Plus de 65 ans)

    – Cette même tranche d’âge contient la plupart des cas qui décèdent. D’autres facteurs interviennent dans la mortalité et sont: les maladies sous-jacentes (Maladies cardio-vasculaires, diabète, maladies respiratoires, etc….)

    – Par contre on note moins de jeunes en réanimation, et encore moins de décès chez les jeunes Source : Santé publique France

    Maintenant, analysons la structure des populations.

    Répartition des populations de plus de 65 ans dans le monde.

    De ce graphe, qui représente la répartition de la population mondiale par tranche d’âge et par région, on note que:

    – En Europe, Plus de 20% de la population a plus de 65 ans

    – En Afrique, cette même tranche d’âge représente un peu plus de 2% de la population.

    Le COVID 19, hospitalise et tue plus de monde dans cette tranche d’âge. En Afrique elle est 10 fois moins importante dans la population qu’en Europe. (Espérance de vie oblige?). Or nous sommes dans un contexte où les personnes testées sont les malades ou les cas suspects.

    On pourrait alors s’interroger en partie sur ce faux-semblant de faible cas en Afrique, par rapport aux autres régions. La jeunesse de sa population ne serait-elle pas un motif? Se reposer sur une quelconque protection du continent est un raccourci dangereux, en l’absence d’autres arguments scientifiques qui pourraient être lourds de conséquences.

    En effet:

    – Personne à ce jour ne connait la direction que va prendre ce virus.

    – On ignore également comment il pourrait se comporter (muter ou se recombiner) au contact d’un environnement particulier . Rappelons-nous le début de la maladie, lorsque certains Européens regardaient la Chine de loin, sans se sentir concernés.

    – Quand on regarde les courbes d’évolutions (Chine – Italie – France, ) et certains pays africains, il y a de quoi renforcer la garde.

    Source : ONU (Demographic Yearbook 2018)

    Concernant les décès en Afrique:

    – On constate qu’en Afrique, les cas de décès semblent concerner en majorité, une tranche plus jeune (moins de 65 ans)

    – Peut-on l’interpréter comme étant une sorte d’abaissement de l’âge limite de fragilité en Afrique par rapport à l’Europe? Quelle que soit la raison, ce fait doit nous faire redoubler de vigilance.

    C’est pourquoi l’Afrique devrait appliquer des mesures encore plus rigoureuses que partout ailleurs.

    Dans le contexte africain, le risque d’hécatombe est élevé.

    L’Afrique est très jeune par sa population.

    – Nos jeunes sont très sociaux, dynamiques, et très mobiles,

    – Nos jeunes sont traditionnellement très serviables à l’endroit des vieux. (Assistance spontanée, visites régulières, services divers). De ce fait (sans être épargnés) ils pourraient être le vecteur de contamination pour les plus âgés.

    – L’ignorance et parfois l’insouciance d’une partie de la population en Afrique font que certaines personnes présentant les signes évocateurs vont tout faire pour ne pas se faire diagnostiquer en faisant l’effort de minimiser leur état, et même de convaincre leurs proches qu’il s’agit d’une pathologie bien habituelle. (Palu, rhume banal habituel, coup de froid justifié par un évènement bien connu…). Ils continueront ainsi à propager le virus.

    – Les maladies chroniques respiratoires, cardiaques, diabète (cause de surmortalité en cas de COVID_19) autre fois étiquetées « maladies des pays riches » sont également bien présentes dans nos populations, même des plus démunies. Ces faits combinés au manque de moyens médicaux (services de réanimation avec équipement d’assistance respiratoire, dénuement des professionnels en matière de protection… ) pourraient être responsables d’une hécatombe pour la population, surtout les plus fragiles, c’est-à-dire « nos bibliothèques ».

    QUE FAIRE?

    – Contre ce virus, pour l’instant au niveau médical, nous n’avons pas de solution.

    – Les traitements se contentent d’essayer de maintenir le patient en vie, afin qu’il guérisse de luimême. Cas au Burkina Faso, selon le ministère de la Santé.

    – La seule solution: Ne pas l’attraper, et ne pas le diffuser.

    La population et les jeunes en particulier:

    Doit se confiner et respecter les règles diffusées qui sont maintenant sur tous les médias.

    – Considérer tout syndrome grippal comme étant du COVID-19, protéger la personne, ses proches et éviter les contacts.

    – Le diagnostic lui-même s’il est fait, tant mieux il alimentera les statistiques plus tard. Sinon protégez-vous. S’il s’agit d’un rhume banal, tant mieux protégez-vous quand même.

    – Si vous avez des signes plus graves qui en d’autres temps vous auraient conduits à l’hôpital, contacter les autorités médicales locales selon les formules mises en place dans votre pays. Isolez-vous et protégez les autres dans l’attente.

    – Oui il en résultera des problèmes économiques et même de survie au quotidien. Mais certaines de nos populations sont habituées au couvre-feu. Faites comme en ces situations, mettez-vous vous-mêmes sous couvre-feu. Sauf que celui-là n’est pas un simple couvre-feu sur la ville, mais même à l’intérieur de votre maison.

    Au niveau des autorités:

    – Il est évident qu’il manquera de moyens les plus simples – Les stocks risquent de s’épuiser, et les commandes tarder.

    – Il est inutile de compter sur la solidarité internationale. Si elle arrive tant mieux. Quand on voit qu’en État européen en péril, se voit voler sa cargaison de masques par un autre état européen, en toute connaissance de cause, au cours de l’escale de l’avion-cargo, on doit en tirer des leçons.

    – Il est indispensable d’utiliser les moyens de bord. La protection et l’éducation des populations sans relâche sur le besoin de confinement. Le numérique (smart phone) est un vecteur de choix qui a fait ses preuves en Chine. Certains pays africains l’utilisent déjà et c’est à encourager, mais sous le contrôle des autorités sanitaires.

     Le diagnostic :

    – doit être clinique d’abord (car il est évident que toute la population ne pourra être testée). En cela, nous avons des médecins et même des infirmiers extrêmement performants en matière de diagnostic clinique. Cependant ils devront être équipés d’outils tout aussi performants de diagnostic à distance. De nombreuses solutions de télémédecine sont disponibles. Tant que les télécommunications et l’énergie restent disponibles, leur utilisation se justifie dans ce contexte pour permettre au spécialiste d’être performant sans contact avec le patient.

    – Sur le plan biologique: Alors que les premiers kits de diagnostic rapide n’étaient fiables qu’à 60 à 70% , il existe aujourd’hui des kits qui atteignent 99% de fiabilité. Ils peuvent être utilisés. Pour pallier à l’insuffisance de laboratoire.

     Le traitement:

    – C’est simple, il n’y en a pas. C’est pour cela qu’il faut des mesures draconiennes de confinement pour éviter un afflux massif de patients dans les hôpitaux qui risque d’être catastrophique. Certains professionnels risquent de refuser de s’exposer ou de regarder les patients mourir par manque de solution.

    – Cependant comme dit plus haut, la chloroquine semble prometteuse. Nos collègues en Afrique connaissent très bien ce produit, ses interactions et effets secondaires. Il est peut-être temps de prendre nos responsabilités et le tester par nous-mêmes en temps réel, et donner notre point de vue plutôt que d’attendre les ordres venant d’ailleurs. Noter que s’il s’avérait efficace, et que nous attendions les résultats des études Américaines et occidentales, on risquera d’en manquer.

    MAIS D’OÙ VIENT-IL? Qu’est-ce que c’est le COVID-19:

    Si nous avions une réponse précise scientifique de son origine, de ses combinaisons et recombinaisons, si nous avions une idée précise de ses « intentions », de sa stratégie et de sa tactique, nous aurions pu le contenir, ou du moins le circonscrire.

    Ce que nous savons:

    Sur les responsables d’infections

    – Il fait partie des micro-organismes qui peuvent parasiter le corps et être responsables de maladies dites infectieuses. Parmi ces micro-organismes nous avons des parasites (exemple celui qui donne le paludisme), les champignons qui donnent des mycoses (teigne par exemple), des bactéries (exemple ceux qui donnent les épidémies de méningites) et les virus (qui sont souvent les plus microscopiques.

    – Ces micro-organismes ne sont pas toujours nuisibles (les bactéries en particulier) certains sont indispensables, pour notre bonne santé. Ils maintiennent une sorte d’équilibre utile au bon fonctionnement de certains organes (la digestion par exemple).

    – En ce qui concerne les virus, de nos connaissances actuelles il y a plusieurs groupes différents eux-mêmes contenant plusieurs familles, dont celle des coronavirus. Cette famille grouille de multiples virus différents responsables de la plupart des épidémies de grippe. Ainsi, chaque année, dans certains pays les épidémiologiques sont en mesure de déterminer la souche qui sévira le plus. Ils permettent aux autorités d’organiser des vaccinations ciblées . En effet il est impossible de pratiquer une vaccination contre toutes les souches de coronavirus connues. Chaque vaccin va donc viser une (ou à la rigueur un groupe limité) de souches particulières.

    – Une des caractéristiques de ces micro-organismes (virus en particulier) c’est de pouvoir muter, changer leur comportement, devoir résistant ou plus agressif en réorganisant leurs structures microscopiques internes.

    Sur le COVID-19:

    Il est établi qu’il fait partie du groupe des coronavirus. Mais cette souche était méconnue à ce jour, en tout cas dans son comportement actuel où:

    – Il infecte l’être humain – Il se transmet d’humain à humain (par le toucher, direct ou à distance par l’intermédiaire de projection respiratoire ou autres sécrétions).

    – Il survit plus longtemps que les autres membres de sa famille, dans l’air et sur les surfaces.

    – Il attaque plus vite les voies respiratoires et entraine des cas plus graves plus rapidement que ses frères connus jusque là

    – Il tue plus vite.

    – Il n’y a pour l’instant ni médicament ni vaccin.

    – Qu’est-ce qui l’a amené à sortir, à se manifester et à être incontrôlable?

    Il y a la aussi la théorie du virus manipulé, voire inventé. Les manipulations génétiques font partie de la recherche scientifique. Cette recherche n’a majoritairement pour objectif (en tout cas pour ceux qui la pratique), que le besoin de compréhension de la vie, et la recherche de solution d’amélioration de la qualité de vie. C’est vrai que la recherche est souvent détournée au profit d’arme de destructions massives. Il est vrai qu’un incident peut survenir malgré les précautions les plus rigoureuses. Mais il est tout aussi vrai que l’évolution naturelle de ces micro-organismes c’est la mutation permanente en fonction des changements de leur environnement. Pour l’instant il n’existe pas de preuve (en tout cas visible) de manipulation.

    Une chance, il est facile à diagnostiquer. Et on sait comment l’éviter, même si cela impose une discipline de fer.

    C’est pourquoi, les Africains doivent prendre les mesures préconisées, non pas comme étant celle de politiciens habituels, mais comme étant des mesures salutaires pour tous, les politiciens y compris. On devrait dans le contexte africain, plus qu’ailleurs, les appliquer à la lettre, mettre de côté nos habitudes sociales en particulier (pour le temps nécessaire au passage de cet ouragan sanitaire).

    – D’où il vient, Manipulation ou mutation naturelle sont secondaires pour l’instant. Nous tirerons les leçons après avoir survécu et protégé nos populations les plus faibles.

    – Les attitudes de bravoure sont inutiles. On peut être brave, mais ceux qu’on rencontre ne le sont pas.

    – Il ne s’agit pas uniquement de soi, mais aussi, et surtout des autres.

    Alors je protège ceux que j’aime. Je ne m’approche pas d’eux!

    Docteur Sayavé Gnoumou

    Référent Union africaine télémédecine.

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