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SANTE/GUINEE: Mobilisation générale en Guinée pour stopper le virus mortel Ebola

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LE MONDE | 26.03.2014 - Par Rémi Barroux et Sandrine Cabut - Pour la première fois, la Guinée fait face à une épidémie du redoutable virus Ebola, agent infectieux parmi les plus mortels, qui provoque une fièvre hémorragique contre laquelle il n'existe aucun traitement.

Mercredi 26 mars, le ministère guinéen de la santé faisait état de 86 cas, dont 60 mortels. Ils ont été recensés principalement dans le sud du pays, dans les districts de Gueckedou, Macenta, Nzerekore et Kissidougou. Plusieurs professionnels de la santé ont été infectés et six seraient morts, selon les autorités guinéennes. En revanche, la capitale n'a pas été atteinte comme le craignaient les autorités : les trois cas suspects à Conakry n'ont pas été confirmés.

Du matériel de protection de MSF arrive le 25 mars à Conakry, où sévit le virus Ebola.

Un autre cas suspect au Canada, chez un homme revenant du Liberia, a été infirmé mardi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités canadiennes. Des investigations sont aussi en cours pour plusieurs malades au Liberia, proche de la zone épidémique. Les autres pays frontaliers – SénégalMali,Côte d'Ivoire et Sierra Leone – ont réactivé leurs systèmes de surveillance épidémiologique. Dans ce dernier pays, le ministère de la santé dit avoir « été informé de cas suspects dans le district de Kambia », au nord.

EPIDÉMIE OU PAS ?

Le diagnostic des premiers cas a été établi le 21 mars au Centre national de référence (CNR) des fièvres hémorragiques virales du laboratoire de haute sécurité P4 de Lyon (Institut Pasteur, Inserm). « Nous avons reçu un premier colis avec des prélèvements correspondant à trois malades le jeudi 20 mars à 13 heures. A deux heures dans la nuit, nous déclarions l'épidémie d'Ebola à l'OMS et à Médecins sans frontières , raconte Sylvain Baize, responsable de ce centre de référence. Les trois prélèvements étaient positifs, mais, pour un tel virus, qui est une urgence sanitaire, un cas suffit pour déclarer une épidémie. » Ce laboratoire a ensuite confirmé trois autres cas sur quatre analyses« Les examens ont identifié un Ebola virus de l'espèce Zaïre, qui est la plus pathogène des cinq espèces connues. Son taux de mortalité peut atteindre 90 % », précise M. Baize. Au total, sur 45 échantillons prélevés sur des cas potentiels, 13 se sont révélés des cas d'Ebola, selon les autorités sanitaires guinéennes.

Pourquoi la fièvre Ebola fait-elle si peur?

Par Sandrine Chesnel, publié le 25/03/2014

Après la Guinée, où une soixantaine de personnes sont mortes depuis janvier, six cas supects d'Ebola ont été détectés lundi au Liberia voisin, et deux cas en Sierra Leone. 

Pourquoi la fièvre Ebola fait-elle si peur?

Ebola. C'est le nom d'une petite rivière, près de Yambuku, au nord de la République du Congo. C'est aussi le nom d'un terrible virus qui provoque régulièrement des flambées épidémiques en Afrique. Un virus qui a refait son apparition en début d'année en Guinée. Mais pourquoi le virus Ebola fait-il si peur? 

Parce qu'il est hautement contagieux

Le virus Ebola est apparu pour la première fois chez l'homme en 1976, simultanément au Soudan et en République démocratique du Congo. Depuis cette date, des épidémies et des contaminations sont régulièrement détectées, presque chaque année. Ces épidémies surviennent principalement dans les villages isolés d'Afrique centrale et d'Afrique de l'ouest, à proximité des forêts tropicales pluvieuses. Le virus se transmet à l'homme à partir des animaux sauvages -des chercheurs pensent que les chauves-souris frugivores sont les hôtes naturels du virus Ébola. 

La transmission interhumaine se fait par contact direct avec le sang, les liquides biologiques (excréments, salive, sperme), ou les tissus des sujets infectés. Sur son site Internet, l'OMS précise qu'il peut y avoir une transmission d'Ebola par le sperme jusqu'à sept semaines après la guérison clinique. Les rituels funéraires, au cours desquels les parents et amis du défunt sont en contact avec son corps, joueraient aussi un rôle dans la propagation du virus.  

Parce qu'il est mortel neuf fois sur dix

D'après l'Organisation mondiale de la santé, les flambées de virus Ebola peuvent atteindre un taux de létalité de 90%. Après une période d'incubation de deux à 21 jours, la "fièvre hémorragique à virus Ebola" se caractérise souvent par une brusque montée de température, avec une faiblesse intense, des myalgies, céphalées et maux de gorge. Elle est souvent suivie de vomissements, diarrhées, éruptions cutanées, insuffisance rénale et hépatique et hémorragies internes et externes.  

La plus grande épidémie d'Ebola recensée avait fait 280 morts au Congo, en 2007, mais de nombreuses flambées épidémiques ont été recensée depuis l'apparition du virus en 1976, et ce presque chaque année. La dernière épidémie date de 2012, et avait touché l'Ouganda et la RDC -aucun cas n'a été signalé en 2013.  

Parce qu'il n'y a aucun traitement ni vaccin

Il n'existe aujourd'hui aucun traitement ou vaccin contre le virus Ebola. Il est seulement possible de soulager la fièvre et la douleur. Les cas graves sont placés en unité de soins intensifs et les malades, déshydratés, doivent être mis sous perfusion. En août 2013 des chercheurs américains ont annoncé avoir mis au point un traitement expérimental prometteur qui a permis de protéger des singes contre le virus Ebola.  

Mais dans l'attente que ces recherches aboutissent, seules des mesures préventives peuvent empêcher la propagation d'Ebola. C'est ce à quoi s'activent aujourd'hui les autorités guinéennes, la Croix-Rouge locale et des organisations internationales spécialisées, OMS, Unicef, et Médecins sans frontières. Aujourd'hui, la priorité est donc d'identifier les personnes ayant été en contact avec les cas suspects ou confirmés, pour les suivre et les isoler en unité spéciale si elles présentent des symptômes. 

 

Cas suspect de fièvre Ebola au Canada

Fléau en Guinée et au Liberia, le virus Ebola a provoqué plus d'une soixantaine de morts entre les deux pays. Il pourrait avoir changé de continent. Une personne développant les symptômes d'une fièvre hémorragique, comme celle provoquée par le virus Ebola, a été hospitalisée au Canada peu après son retour d'Afrique de l'Ouest, notamment du Liberia, ont annoncé lundi les services de santé. 

"Tout ce que nous savons à ce stade, c'est que nous avons une personne gravement malade qui a voyagé dans un des pays où ces maladies sont détectées", a déclaré Denise Werker, directrice adjointe de la direction de la santé de la province de Saskatchewan dans l'Ouest du Canada. 

Des risques de contagion faibles

Face à ce risque mortel, Denise Werker a indiqué que la personne hospitalisée avait été mise à l'isolement et ses proches placés en quarantaine en attendant les résultats des analyses.  

La personne contaminée a développé les symptômes une fois rentrée au Canada et n'était donc pas contagieuse pendant la période d'incubation et donc au cours de son voyage en avion, a indiqué Denise Werker. Elle a rappelé que les risques de contagion sont faibles puisque la transmission du virus s'opère par le sang ou les secrétions du corps.  

Pour l'instant rien ne permet d'affirmer qu'il s'agit effectivement du virus Ebola, seuls les résultats des analyses pourront permettre de répondre à cette question, mais les symptômes présentés sont identiques. A savoir de fortes fièvres et des saignements de la bouche. 

Avec 

 

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